CPF : acheter une voiture avec votre Compte Personnel de Formation

Le décret du 17 mai 2024 n’a pas renversé la table : acheter une voiture avec son Compte Personnel de Formation reste un mirage, malgré des bruits persistants sur le sujet. Les règles s’affinent, les failles se referment, mais l’essentiel demeure : le CPF n’ouvre aucune porte à l’achat de véhicules. Seules les dépenses directement liées à la préparation du permis de conduire, du code aux heures de conduite, restent dans le périmètre autorisé. Des aides complémentaires existent, souvent locales ou proposées par Pôle emploi, qui peuvent faciliter l’accès à une voiture une fois le précieux sésame obtenu.

Ce qui change pour le financement du permis de conduire avec le CPF en 2024

En 2024, le compte personnel de formation subit un resserrement pour le financement du permis de conduire. Depuis la loi du 21 juin 2023 et le décret du 17 mai 2024, les limites sont claires : seuls les coûts strictement rattachés à la formation à la conduite et à l’examen du permis relèvent du CPF. Ni l’achat d’un véhicule neuf, ni celui d’une occasion ne sont permis.

Le décret du 19 mai 2024 verrouille le dispositif : aucun euro du CPF ne doit servir à s’offrir une voiture. La caisse des dépôts a l’œil sur chaque dossier : le compte CPF règle uniquement les formations éligibles CPF. Concrètement, cela couvre le code, les leçons de conduite et l’inscription à l’examen. Que vous soyez salarié, demandeur d’emploi ou apprenti, le paiement file directement à l’auto-école agréée, sans passage par la case concessionnaire.

Précisons ce qui entre (ou non) dans le champ du CPF :

  • Le CPF peut financer le permis B, A, C et D pour ceux remplissant les critères en vigueur.
  • Sont pris en charge : les cours de code, les heures de conduite, les tentatives aux épreuves théorique et pratique.
  • L’achat d’une voiture, d’une moto ou de tout engin motorisé sort complètement du champ du dispositif.

La surveillance s’est renforcée ces derniers mois : tenter de contourner le système expose à la suspension ou à l’interdiction définitive du droit CPF. La vocation de cette enveloppe, c’est la formation. Pas le financement de biens.

Qui peut bénéficier du CPF pour passer son permis ? Conditions et profils concernés

Le compte personnel de formation profite à de nombreux profils, mais le financement du permis de conduire via le CPF reste très encadré. En premier lieu, les salariés du privé, qu’ils soient en CDI ou CDD, voient leur compte alimenté chaque année selon leur activité. Ce crédit, visible à tout instant sur la plateforme, peut soutenir un réel projet formatif.

Les demandeurs d’emploi ne sont pas oubliés : leur CPF compte formation reste valable et accessible, même sans contrat de travail en cours. L’obtention du permis, parfois, fait basculer un recrutement.

Les apprentis à partir de 16 ans ont aussi cette possibilité s’ils disposent de droits, tout comme certains stagiaires de la formation professionnelle pour peu qu’ils aient acquis un capital suffisant. Dans certains cas bien définis, les parents ou représentants légaux d’un mineur peuvent se saisir du dossier.

Voici, pour mémoire, les personnes qui peuvent prétendre au CPF permis de conduire :

  • Salariés en CDI ou CDD, sous réserve d’avoir un solde suffisant
  • Demandeurs d’emploi disposant de droits acquis
  • Apprentis à partir de 16 ans, ou stagiaires selon leur cas
  • Parents ou responsables légaux dans des cas strictement prévus

À noter, la démarche doit reposer sur un objectif professionnel solide : absence de permis synonyme de refus d’embauche, mobilité indispensable, etc. Les formations éligibles CPF restent strictes dans leur définition, et chaque dossier doit pouvoir justifier de sa cohérence auprès de la caisse des dépôts.

Comment utiliser son CPF pour le permis : étapes et conseils pratiques

Pour déclencher le financement du permis, la première étape consiste à accéder à la plateforme mon compte formation. Le montant de vos droits s’y affiche ainsi que toutes les formations éligibles CPF : c’est cette somme qui fixe votre marge de manœuvre.

Il s’agit ensuite de sélectionner une auto-école agréée CPF. Ce critère est indispensable : l’établissement doit apparaître sur la plateforme et afficher la mention « formation certifiée ». À défaut, la demande est systématiquement refusée. Les écoles concernées proposent en général des parcours complets mêlant code de la route, examen théorique, heures de conduite ; certaines offrent aussi la préparation à d’autres catégories de véhicules terrestres à moteur.

Tout se déroule en ligne : informations personnelles, choix de l’auto-école, construction du dossier, planification. Ensuite, la caisse des dépôts contrôle la demande. Selon les cas, l’attente peut durer quelques jours à une semaine.

Dès validation, la formation peut commencer. L’auto-école perçoit directement les fonds : aucun paiement n’est avancé par le candidat. Si votre solde CPF ne couvre pas la totalité, il reste possible de compléter par carte bancaire, toujours dans le même espace sécurisé.

Avant de se lancer, quelques précautions : certaines auto-écoles affichent des délais de prise en charge. Préparez l’ensemble des justificatifs usuels (pièce d’identité, justificatif de domicile). Restez attentif aux messages de la plateforme pour éviter tout blocage inattendu.

Aides complémentaires : quelles solutions pour acheter une voiture après le permis ?

Décrocher le permis grâce au compte personnel de formation, c’est franchir une étape, mais la route ne s’arrête pas là. Le CPF ne donne aucun coup de pouce pour acheter une voiture. D’autres solutions existent cependant, souvent méconnues ou peu visibles.

Le microcrédit personnel gagne du terrain, notamment auprès des jeunes salariés ou demandeurs d’emploi. Certaines associations et organismes sociaux proposent ce type de prêt, permettant de financer un véhicule basique sans condition d’apport, et avec des mensualités adaptées. Les critères reposent sur la situation financière, l’urgence de mobilité et la stabilité professionnelle. Les moins de 26 ans peuvent aussi se tourner vers la mission locale pour être guidés dans leur recherche de financement ou trouver une formule adaptée à leur situation.

Dans plusieurs régions, le conseil régional déploie des coups de pouce directs à l’achat d’un véhicule : chaque aide répond à ses propres règles d’accès (revenus, engagement de travailler dans une zone définie, incitation vers l’acquisition de voitures électriques ou l’autopartage, location longue durée, etc.).

Côté employeurs, certaines entreprises accordent à leurs employés des avances ou des prêts à taux zéro, spécialement dans les secteurs ou les déplacements sont fréquents. Certaines branches professionnelles vont encore plus loin avec des dispositifs individualisés permettant de s’équiper sans s’endetter sur le long terme.

Avant de se tourner vers un financement bancaire classique, il vaut la peine de s’informer sur ces dispositifs parfois discrets, mais efficaces. Une simple recherche auprès de la mission locale, du conseil régional ou de son employeur peut ouvrir de nouvelles pistes. On l’a vu maintes fois : des solutions existent, souvent là où on ne les attend pas.

Permis décroché, reste à transformer le papier rose en véritable moteur d’indépendance. À chacun de saisir les bonnes opportunités pour aller plus loin que la ligne d’arrivée de l’examen, et voir la route s’étirer devant soi.